Jardins partagés

On voit apparaître des jardins partagés à Bruxelles, en Flandre et en Wallonie. Dans son analyse sur les dynamiques sociales dans les potagers collectifs, l’anthropologue A. Van den Bossche (2018) déclare : « si cultiver ses propres légumes est à nouveau à la mode, pratiquer cette activité collectivement témoigne d’une envie de contact social ».

Le sociologue Erwan Lecoeur (2018) est en accord avec ces propos. Selon lui, si la création d’espaces partagés repose parfois sur des impératifs financiers,  il voit surtout dans ces pratiques de partage une volonté commune de créer du lien social durable, de vivre et de construire ensemble[1].

L’association Espace Environnement explique que les activités organisées dans ces ilots de verdure sont des supports à la création de liens sociaux où le mélange des générations et des cultures y est favorisé. Au-delà d’un lieu d’exercice de solidarité et de citoyenneté, les jardins partagés contribuent également à préserver la biodiversité et participent à l’amélioration du paysage. En milieu urbain, ils permettent l’infiltration des eaux pluviales et permettent de maintenir des espaces ouverts au cœur des quartiers. En milieu rural, ils peuvent constituer des îlots sauvages entre les cultures intensives et les jardins tirés au cordeau. Des pratiques respectueuses de l’environnement peuvent y être partagées et être exportées en dehors du jardin. L’association ajoute que le jardin partagé peut également jouer un rôle économique : il fournit des aliments de qualité mais peut aussi devenir un lieu où se familiariser avec un nouveau métier ou représenter une source d’intérêt touristique ou culturel. De plus, dans un espace public, le travail fourni par les habitants décharge la commune de l’entretien du site.

Ainsi, les projets de jardins partagés poursuivent des objectifs multiples, certains étant plus ou moins prioritaires selon les acteurs : production alimentaire (autoproduction) mais aussi objectifs récréatifs (contact avec la nature, détente, activité physique), sociaux (espaces de rencontre et d’apprentissage collectifs de nouveaux comportements, réponse à un besoin d’appartenance, appui à des projets thérapeutiques ou de réinsertion professionnelle,…) ou encore éducatifs (principes d’agriculture biologique, cycles des saisons, espèces locales, …).

En répondant à des besoins locaux de développement durable, l’association Espace Environnement estime que ces jardins représentent une opportunité à saisir par les communes et à proposer aux citoyens. L’association ajoute que les jardins partagés contribuent à une politique globale d’aménagement du territoire à la recherche de valeurs fortes et participent, de manière novatrice, à la gestion concertée des espaces verts, en instaurant une collaboration entre la commune et les acteurs de son territoire.

Enfin, Espace Environnement souligne l’importance de ne négliger aucun acteur local lors de la création d’un projet de jardin partagé : associations locales, voisins, écoles et institutions situées à proximité, les portes du projet doivent être ouvertes à tous. L’association ajoute qu’un soutien fort des autorités communales et/ou du CPAS contribuerait fortement à la réussite et à la pérennité du projet.

 

Références bibliographiques

Belges: 

Les dynamiques sociales dans les potagers collectifs
A. Van den Bossche (Vicina), 2018
Paysages citoyens à Bruxelles
C. Mercier et J. Mercier, 2018
Des jardins hors du commun
Espace Environnement, 2015
Guide méthodologique pour la création et la gestion des jardins collectifs
Le Début des Haricots, 2014
Les jardins partagés. Cultiver la terre et le lien social pour une alimentation durable
D. Fontenoy (Espace Environnement), 2011

Étrangères: 

Participation à un jardin collectif urbain et santé : revue systématique de la littérature
M.Tharrey et N.Darmon, 2021