Résilience - Transition - Intelligence collective

Résilience territoriale

Villar C. et David M. (2014) expliquent que la résilience est un concept polysémique qui s’applique depuis peu aux territoires. Selon ces auteurs, la résilience admet la survenue de perturbations dans le futur et permet d’imaginer des ruptures avec le modèle actuel. Elle est une mise en mouvement, une recherche perpétuelle d’équilibre dynamique entre des caractéristiques paradoxales et des processus contraires (autonomie et dépendance, échelle locale et mondialisation, …) via les capacités et la souplesse du système. Ainsi, selon eux « La résilience peut aller à l’encontre d’un changement souhaitable », elle propose de s’appuyer sur une gouvernance durable, de favoriser la créativité et l’innovation, et pourrait permettre de redonner sa place au citoyen dans les processus de gouvernance. Elle interroge la place de la société et des individus, encourage un ré-équilibrage vers l’autonomie et la diversité, tout en recherchant l’efficacité.

La capacité à anticiper, à réagir et à s’adapter pour se développer durablement face aux perturbations pour en limiter les effets déstabilisants ou destructeurs sont des caractéristiques de résilience également reconnues par d’autres auteurs. Ainsi, Fache (2012) explique que la résilience caractériserait « un système ayant une très grande capacité à s’auto-adapter dans un monde instable, donc à la fois à intégrer les paramètres nouveaux de l’environnement et à devenir partie prenante en permanence des nouveaux systèmes. En d’autres termes, à créer finalement une sorte d’écosystème local souple qui soit une composante du système mondialisé plus général ». Pour le labo de l’ESS (2020), « la résilience d’un territoire est sa capacité à trouver les voies d’un nouvel équilibre et à le faire vivre de façon durable face à des perturbations et des chocs de nature écologique, économique, démographique, démocratique ou sociale ».

Castells et al., 2012 expliquent que les crises et perturbations sont complexes et variées, et que les réponses à celles-ci sont multiformes et donnent une large part à la population en se basant sur l’autosuffisance, l’altruisme, l’échange et la coopération.

Le Cerama (2018) propose une série de leviers prioritaires à mobiliser en vue de construire une stratégie de résilience. Parmi ceux-ci, ils considèrent la nécessité de favoriser la transversalité des projets et de fédérer les différents acteurs (de par son caractère complexe et transversal, le Cerema estime qu’il est indispensable d’impliquer l’ensemble des acteurs) pour plus de solidarité en cas de crise et de co-construction sur le long terme. Dans le Petit traité de la résilience locale (A. Sinaï et al., 2015), on peut encore lire que « préparer notre résilience, c’est apprendre à travailler ensemble ».

L’OCDE (2009) reconnait le niveau local comme étant le niveau territorial ad hoc à l’adaptation. Trois raisons sont évoquées : les effets d’un dérèglement (climatique, sanitaire, ou autre) se manifestent au niveau local, la vulnérabilité se manifeste également au plan local et les mesures d’adaptation peuvent être mieux observées au niveau local. La notion de résilience véhicule donc l’idée que les solutions se trouvent à l’échelle locale : la proximité des ressources, leur mobilisation par des formes proactives de coopération entre acteurs et les facilités d’expérimentation.

 

Transition

La Transition consiste en un mouvement de citoyens qui se rassemblent et décident d’agir au niveau local pour répondre aux défis majeurs de notre époque (www.walloniedemain.be). Concrètement, des citoyens se rassemblent et unissent leurs forces, créativité et énergie pour lancer des actions et projets qui engendrent un changement positif dans leur lieu de vie. Les objectifs visés sont une réappropriation de l’économie, l’éveil de l’esprit d’entreprise, le développement de nouvelles compétences et le tissage et la création de réseaux de liens et de soutiens. Ces objectifs sont visés à partir de projets qui s’organisent autour de thèmes divers tels que l’alimentation, l’habitat, l’énergie, la nature, la culture, la mobilité, etc. Les enjeux définis par la transition sont donc transversaux.

En Belgique francophone, les initiatives de transition sont encouragées, mises en lien et soutenues par le Réseau Transition, la fondation Be Planet et Inter Environnement Wallonie.

Dans le guide essentiel de la transition (Réseau Transition, 2019), on peut lire que ce mouvement crée de la résilience :

  • En diminuant notre dépendance aux énergies fossiles ;
  • En offrant davantage de possibilités de vivre dignement, sainement et durablement ;
  • En prenant les décisions au niveau le plus approprié, pratique et efficace ;
  • En rendant les gens ouverts, connectés et créatifs ;
  • En travaillant en collectivité, en créant un climat de confiance et de collaboration ;
  • En créant des liens au-delà de nos cercles naturels d’amis et d’alliés ;
  • En créant des réseaux afin d’impulser le changement plus rapidement et efficacement, en tirant parti des expériences et avis des uns et des autres ;
  • En encourageant la diversité plutôt que de la restreindre ;
  • En créant des liens et des synergies entre projets, en élaborant des stratégies communes pour co-créer des solutions innovantes, transversales et permanentes.

 

Quelques liens utiles : 

Facilitation en intelligence collective

Intelligence collective et management participatif

L'intelligence collective : regards croisés

Références bibliographiques

Belges: 

Paysages résilients. Approche Systématique du Territoire post-Effondrement
P. Lacroix. GxABT, année académique 2016-2017
Le Guide Essentiel de la Transition
Réseau transition.be, 2016
La résilience territoriale comme principe et comme volonté. Réflexions à partir de la question de la pollution des sols dans des territoires (dés)industrialisés
C. Morel Journel, G. Gay et C. Ferrieux, 2018

Étrangères: 

Dynamiques collectives de transition dans les territoires
Le Labo de l'ESS, 2021
Territoires résilients : six leviers d'action pour bâtir votre stratégie
Cerema, 2018
Comment articuler projets individuel, collectif et de territoire ? Le cas d’un collectif de transformation et commercialisation en circuits courts
E. Lanciano, M. Poisson et S. Saleilles, 2016
Petit traité de résilience locale
A. Sinaï, R. Stevens, H. Carton, P. Servigne, 2015
La Résilience, un outil pour les territoires?
C. Villar et M. David, 2014
Indicateurs de vulnérabilité d’un territoire au changement climatique
ADEME, 2013
Mondialisation et résilience des territoires Trajectoires, dynamiques d’acteurs et expériences
A. Hamdouch , M.-H. Depret et C.Tanguy, 2012
Les facteurs de réussite d'une stratégie collective hybride: le rôle de l'acteur tiers
Université Paris Sud, 2012